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    Elle saura (17-06-2005)

    Elle aime à s'installer,
    A sa table,
    Confortable,
    A côté de son encrier,
    Avec un café,
    De quoi fumer,
    Et ses cahiers.

    Elle est une femme rare,
    Sachant faire rimer
    Avec le marbre de Carrare,
    Quant à l'encre de son plumier,
    Vient frapper la tentation
    De bien plus sombres curares.

    Elle est femme passion,
    Ne voulant vivre que pour les aubes aptères
    S'étonnant chaque matin que le soleil puisse luire encore,
    Et comme ma poésie si grossière,
    Elle sait aussi se taire,
    Quand les images l'emportent
    Sur ses sensations.

    Elle est Baudelaire, elle est Ferré, la vie chante et puis déchante, mais elle m'émeut bien souvent par ses mots si simples et si beaux, si vrais qu'ils semblent naturels, comme l'eau d'une source se faisant parfois rouge...Comme un Graves d'une grande année.

    (En hommage à une Dame qui se reconnaîtra...En retour de mots qui m'avaient touchés...)

    C'est ici : Bah!

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  • SED NON SATIATA
    Bizarre deite, brune comme les nuits,
    Au parfum melange de musc et de havane,
    Oeuvre de quelque obi, le Faust de la savane,
    Sorciere au flanc d'albane, enfant des noirs minuits,

    Je prefere au constance, Ã l'opium, au nuits,
    L'elixir de ta bouche ou l'amour se pavane;
    Quand vers toi mes desirs partent en caravane,
    Tes yeux sont la citerne ou boivent mes ennuis.

    Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de ton Ãme,
    O demon sans pitie! verse-moi moins de flamme;
    Je ne suis pas le Styx pour t'embrasser neuf fois,

    Helas! et je ne puis, Megere libertine,
    Pour briser ton courage et te mettre aux abois,
    Dans l'enfer de ton lit devenir Proserpine!



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  • State of mind... (16-12-2004)

    State of mind...

    Tourner en ridicule ceux qui n'ont que si peu
    Rendre leur vie atone et leurs yeux malheureux
    Pressurer leur cœur lourd jusqu'aux larmes criées
    Et torturer leur sens jusqu'à ne plus pleurer...

    La vie c'est vers les autres et leurs mots émotifs
    Comprendre que l'on aime en fuyant le passif
    Ressouder les blessures et les plaies à vifs
    Conjurer le mauvais sort en désirs hâtifs...

    C'est aussi mieux se battre que rouer de coups
    Les monstres crucifiés qui se perdent à genoux
    C'est combattre le « je » pour adorer le « nous »
    Faire de chaque minute une lutte à courroux...

    Quand un simple sourire fleurit de l'hiver
    Et que les mornes plaines ne sont plus déserts
    Quand sollicitude prend le pas sur l'amer
    On entraperçoit mieux blessures éphémères...

    Ceci est un(e) aria
    Comprenne qui pourra...

    C'est ici : Chris_Sélène



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  • JOSEPH MERY - (1798-1866)

    NUIT LESBIENNE

    JOSEPH MERY - (1798-1866)

    NUIT LESBIENNE

    La fille de l'Erèbe, à la rose étoilée,
    La nuit couvre le temple et sa douce vallée ;
    Comme une ombre plaintive échappée au cercueil,
    Alcyone se plaint, seule sur un écueil :
    C'est l'heure des frissons, et des songes funèbres !
    Rhodina, sur son lit, a peur dans les ténèbres,
    Un bruit vague a troublé l'écho du corridor :
    La lampe va s'éteindre au candélabre d'or,
    Et sa pâle lueur, jouant avec les ombres,
    De sinistres reflets couvre les lambris sombres :
    Rhodina se recueille ; elle invoque en tremblant
    La Reine de la Nuit, au diadème blanc,
    Diane de Délos, dont les regards austères
    Ne sont point indulgents aux amoureux mystères,
    Diane de Délos, triple divinité
    Qui des pieux hymens garde la chasteté.

    Les nocturnes parfums de la molle Ionie
    Arrivent de la mer, et donnent l'insomnie ;
    La prêtresse a jeté bien loin, dans son ardeur,
    Le tissu virginal, oeuvre de la pudeur,
    Et son corps radieux éclairant l'ombre noire
    Est plus doux au regard que sa couche d'ivoire :
    Ses beaux yeux sont toujours ouverts... à ce moment
    Une petite main soulève doucement
    Le voile de la porte, et la voix d'une amie
    A murmuré ces mots. - " Tu n'es pas endormie ! "
    Et Rhodina tressaille à ces accents connus,
    Et voit son Anaïs qui s'élance pieds nus,
    Vers l'escalier du lit pour partager sa veille !
    Les deux corps enlacés ne font qu'une merveille,
    Et la chaste Phoebé , dans les cieux voyageant,
    Mit un nuage noir sur son disque d'argent !

    Adorable mélange, et lutte enchanteresse,
    Où s'agite, au tison de l'ardente caresse,
    Tout ce que la pudeur à l'œil chaste interdit,
    Tout ce qu'aime l'amour, tout ce qui s'arrondit
    Pour embraser nos sens, et dévorer nos âmes
    Sur les deux horizons du corps des jeunes femmes !
    Les deux seins ont mêlé leur albâtre ; les mains
    Du foyer des plaisirs cherchent les doux chemins ;
    Sur le double corail des lèvres embrasées
    Murmurent les soupirs de deux langues croisées,
    Et la pointe des doigts trouve, dans leurs prisons,
    Les boutons de Vénus, cachés sous les toisons.

    Tout à coup Anaïs se relève et se pose
    Sur ses genoux, et dit : - Je me métamorphose ?
    Je suis l'Amour, et toi Psyché, dès ce moment :
    Tu seras ma maîtresse et je suis ton amant.
    Je ne sais pas comment ce mystère se nomme,
    Mais je sens que j'ai là quelque chose de l'homme.
    La chose qui nous fait rire, en baissant les yeux,
    Quand nous passons devant les images des dieux :
    Le désir part de là... maintenant je me couche
    Comme un homme sur toi, ma bouche sur ta bouche ;
    Eclose, en un instant, comme la fleur d'avril,
    Cette chose sans nom, mon organe viril,
    Vingt fois, dans ses élans, ô maîtresse adorée,
    Pressera ton bouton, sous sa toison dorée,
    Et nous enseignerons aux dieux humiliés
    Les terrestres plaisirs dans l'Olympe oubliés !
    Elle a dit : L'action succède à la parole :
    De l'homme absent la femme a deviné le rôle ;
    On croirait voir Eros, le jeune dieu, couché
    Sur le sein virginal de la blonde Psyché,
    Et dans le vif assaut d'une longue caresse,
    Changer la vierge en femme et la créer déesse !
    Ce tableau nuptial, soumis à l'examen,
    Aurait même trompé les yeux du sage Hymen.
    On dit que le dieu Mars, qui partait pour la Thrace,
    Du temple de Lesbos effleurant la terrasse,
    Vit ce groupe divin, cet amas de beautés,
    Ces suaves contours lentement agités;
    Cet époux, qui semblait unir, par un prodige,
    En un seul corps, Eros et Vénus Callipyge,
    Et, qu'oubliant Cypris et ses fades amours,
    Et les mêmes plaisirs recommencés toujours,
    Invisible, il entra dans le saint gynécée,
    Et que, sur Anaïs, alors si bien placée,
    Léger, comme l'oiseau sur la feuille des bois,
    Il trouva le bonheur pour la première fois.
    Sous l'aiguillon du dieu, la virile prêtresse,
    Arrivait aux fureurs de l'amoureuse ivresse ;
    Sa bouche de corail, dans ses baisers ardents,
    Incrustait sur la chair les perles de ses dents ;
    Ses cheveux vagabonds mêlaient leur brune tresse
    Aux cheveux d'or, flottant sur la ferme prêtresse,
    Comme au bord des ruisseaux, sur le flanc des vallons,
    On voit les iris noirs, mêlés aux genêts blonds :
    Les deux voix roucoulaient une extase suprême,
    Musique de l'amour, qui n'a pas de poème ;
    Puis, tout fut immobile, on eût dit que Paros
    Avait sculpté Psyché, dormant avec Eros !

    Quand l'aube, dissipant les ténèbres profondes,
    Des promontoires saints argente les rotondes,
    Les sons mystérieux, les murmures charmants,
    Les préludes d'amour, les doux gazouillements,
    En fanfare d'essai, timides et joyeuses,
    Eclatent à la fois, aux cimes des Yeuses ;
    Sur les branches des pins, sous les épis des champs,
    Et tous ces bruits confus bientôt seront des chants.
    A ce vague concert les deux belles amies
    Mêlaient leurs douces voix, par l'extase endormies,
    Et Syrinx, réveillée au milieu des roseaux,
    Crut que le toit du temple avait un nid d'oiseaux.
    Puis, la force revint, après la molle extase,
    Et les mots décousus formèrent une phrase.
    - Ma belle Rhodina , dit Anaïs, un jour,
    Timides, ignorant les choses de l'amour,
    Nous trouvâmes, écrits sur l'écorce d'un tremble,
    Quatre vers de Sapho ; nous les lûmes ensemble
    Comme une énigme, et puis, nos esprits impuissants
    Avec de vains efforts en cherchèrent le sens ;

    Rappelle-toi ces moments de silence
    Où, sans respect pour le dieu du discours,
    De l'organe de l'éloquence
    Je fis l'aiguillon des Amours !

    Rhodina se taisait. - O maîtresse divine
    Dit Anaïs, eh ! bien, le sens je le devine !
    Un invisible dieu, dans ces heureux moments,
    Eclaire mon esprit... tu vas voir si je mens !
    Elle embrasse la vierge, et sa main délicate
    Ecarte doucement ses deux cuisses d'agate,
    Et sa langue, effleurant tout un corps adoré,
    Descend du sein d'ivoire au triangle doré,
    A la toison d'amour, à ce foyer de flamme
    Où palpite sans fin l'autre cœur de la femme !
    Oh ! rougissez, vous tous, dieu du sacré vallon,
    Dieu des cheveux bouclés, insipide Apollon !
    Jupiter, dieu banal, dieu des métamorphoses,
    Qui perce les rosiers, sans déguster les roses !
    Bacchus, dieu des buveurs, toi qui cherchait en vain
    Les sentiers des toisons dans l'ivresse du vin ?
    Et toi-même, Nessus, amant de Déjanire !
    Et toi, pauvre Adonis, blond enfant de Cynire,
    Dont la lèvre ignorant la rose et le bouton,
    Jamais ne descendit au-dessous du menton !
    Regardez Anaïs !!... Dans sa course lointaine
    L'Arabe du désert qui cherche une fontaine,
    La trouve, et d'une eau vive, à l'ombre s'inondant,
    Sur ses mains, elle a fait asseoir la vierge blonde ;
    Elle sent onduler la sphère deux fois ronde
    Qu'une ligne partage, et dont chaque moment
    Active, par degrés, le souple mouvement :
    Sur sa langue, allongée en aiguillon de flamme,
    La fougueuse Anaïs semble avoir mis son âme ;
    En vain le souffle manque à ses poumons ; la voix
    A son gosier ; la force aux ongles de ses doigts,
    Elle lèche toujours cette charmante chose
    Où l'or fin d'un duvet couvre deux lèvres roses ;
    Elle aspire toujours, dans un écrin amer,
    L'aphrodite parfum, arôme de la mer,
    Ce parfum, qu'apporta, sous sa toison dorée
    En naissant sur les flots, la blonde Cythérée,
    Et qui, depuis ce temps, met sa divine odeur
    Dans le dernier asile où s'éteint la pudeur !
    Rien n'arrête Anaïs dans sa soif libertine !
    Elle agite toujours la ligne serpentine
    Sur son dos frissonnant ; elle darde toujours
    L'aiguillon sur la coupe offerte à ses amours :
    L'albâtre de son corps prend la teinte écarlate ;
    Dans un duo strident le paroxysme éclate ;
    Les chairs brûlent les chairs ; tout ce qui s'arrondit
    sur ce groupe divin, à l'unisson bondit ;
    Et Rhodina, crispant ses belles mains d'ivoire,
    Déchire d'Anaïs la chevelure noire,
    Et retient les baiser captifs, à ce moment
    Où le feu doit s'éteindre, après l'embrasement.

    Aurore revêtait sa robe diaphane.
    On entendait, au loin, l'hymne saint de Diane
    L'hymne à Phoebé que chante, à l'heure où l'ombre fuit,
    Le nautonnier, sauvé des périls de la nuit.
    Lesbos ouvrait son temple, et les jeunes prêtresses
    Sur leur corps, dévasté par le feu des caresses,
    Agrafaient chastement le lin sacerdotal
    Pour encenser Vénus sur son blanc piédestal :
    Jamais leurs belles mains ne furent moins habiles.
    Anaïs prit alors la pose des sybilles,
    Et dit : - Ma Rhodina, tu m'en fais le serment,
    Jamais homme, jamais ne sera ton amant,
    Et je voudrais qu'ici toutes les autres femmes
    Promissent, comme toi, leur haine aux Grecs infâmes !
    Le monde finira, disent-ils ; beau malheur !
    Un nouveau peut renaître, et vaudra bien le leur.
    Si la femme refuse encor d'être féconde
    Les cailloux de Pyrrha repeupleront le monde.
    Toi, tu resteras vierge, et jusqu'à ton trépas ;
    Et, pour plaire à Lucine, on ne te verra pas,
    Des matrones d'Argos rêvant la chaste gloire,
    Aux viriles sueurs souiller ton corps d'ivoire !

    - Jamais ! dit Rhodina, je t'en fais le serment !
    J'ai trouvé dans toi seule un éternel amant !


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    Combats sans répits (08-02-2005)


    Dans un très beau château, vivait une douce reine
    Entourée d'une foule de courtisans sans peines
    Qui lui juraient bien sur, attachement sans défaut
    Qu'il est aisé de plaire, quand on a que les mots!

    Reclus dans l'écurie, son écuyer fidèle
    Amoureux éperdu de l'icône si belle
    Contemplait ces vautours d'un regard méprisant
    Rêvant de les voir enfin balayés par le vent.

    Un jour, l'armée des ombres attaqua le château
    Le général Satan entouré de dévots
    Sa barque sur le Styx, il voulait l'emporter
    Chez Hadès simplement, pour en faire son aimée.

    Dans un donjon douillet, elle se réfugia
    L'armée des courtisans, effrayée par la lutte
    Pris ses jambes à son cou, très vite l'oublia
    Elle s'en étonna point, habituée à la chute.

    Les quelques défenseurs qui veillèrent sur elle
    Se comptèrent alors sur les doigts d'une main
    Cinq, c'était très peu, mais le courage tel
    Qu'ils vaincraient à coup sur cette armée de malins

    Le seigneur du château, valeureux combattant,
    Fatigué parfois par l'âpreté et le sang
    Heureux de trouver enfin du renfort
    A son combat sans fin, Sisyphe contre les morts

    La magicien barbu faisait lui des merveilles
    Pourfendant les esprits, chassant hideux démons
    Aux cotés de sa Dame, Amazone sans pareille
    Détruisant sans pitié ennemis sans pardon

    Revenu du lointain, le très bon roi d'Ithaque
    Oubliant les griefs, son départ du château
    Revint se battre fort, contre tous ces cloaques
    Son art fut décisif, dans le retour du beau

    L'écuyer lui aussi, se battit sans répit
    Oubliant sa douleur, en combat infini
    Très souvent dépassé, parfois même blessé
    Le regard de sa Reine en fit un grand guerrier


    La bataille fut longue, plusieurs lunes passèrent
    Avant que l'Olifant ne mit fin aux combats
    Que tous les démons refluent dans leur tanière
    La victoire était belle, de tous elle était fière

    Depuis, comme jadis, le château encore luit
    De mille feux brillants, de bonheur, est rempli
    Devenu chevalier, l'écuyer vigilant
    Adoubé pour toujours, sur sa Reine veillant.

    C'est ici : Fil le Funambule



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